« Alban, maintenant tu rates l’Eurovision. Cette année est un bon cru en plus. »

Comment ça, je rate l’Eurovision?!!? Sauf cas de force majeure, je ne rate pas l’Eurovision, vous savez cette grande messe de l’audiovisuelle qui rassemble plus de monde que le Super Ball américain… Pour une fois que l’Europe fait mieux que les États-Unis! Et cette année, l’Eurovision revêtait un goût singulier: le show avait lieu dans une dictature. Mais attention, pas une méchante dictature, mais une dictature amie. Le président élu depuis 10 ans, et successeur de son père qui est arrivé au pouvoir à la chute de l’Union Soviétique, a beau nier toute forme de liberté (expression, religieuse et compagnie) à son peuple, il est néanmoins bien vu, puisque son pays est l’un des rares pays de la région à être stable, d’autant plus qu’il fourni l’Europe en pétrole. Or donc, on fait fie des répressions et on regarde l’Eurovision, j’ai failli boycotter, mais je me suis dit que ça ne changerait pas grand chose. L’Eurovision en Azerbaijan rime aussi avec show off: cette année, le pays a dépensé sans compter pour faire de ce télé-crochet européen une vitrine exceptionnelle sur le pays. Tant pis si les scènettes entre les chansons montrait toujours les mêmes monuments… En parlant de monuments, le Crystal Palace construit pour le show ferait l’objet d’un conflit d’intérêt entre le ‘président’ et l’industriel le construisant, par ailleurs, la première dame était l’organisatrice de l’événement et son beau fils chantait la gloire de l’Azerbaijan. Belle démocratie. Scott Mills, le commentateur britannique, a tout de même pointé du doigt les arrestations de journalistes et d’opposants.

Revenons au show qui a vu la Suède gagner haut la main. J’ai pas vraiment compris ce qui se passait devant cette frénésie pour le pays nordique. Si la chanson était catchy, bien rythmée, la chorégraphie était très étrange… J’ai pas spécialement accroché. Mais bon, c’est ainsi le peuple européen a voté en masse pour le pays d’Ikéa. En attendant, quelques prestations m’on marqué, à commencer par les fameux Jedwards, pour lesquels je nourris une admiration béate. Non, je ne suis pas sous le charme des jumeaux irlandais, c’est juste que leur ridicule dépasse tout entendement. Vous avez bien vu hier, ils ne savent pas spécialement chanter, ils avaient des choristes derrière pour les accompagner (et couvrir leurs erreurs), ils n’étaient à aucun moment synchro. C’était tellement terrible que ça en devenait drôle d’autant plus qu’ils ont fini leur prestation sous l’eau. Et dire que c’est la fierté de l’Irlande… Sinon, il y avait beaucoup de dents blanches bien alignées, beaucoup de sourires forcés, beaucoup de chansons dépressives (surement la crise a influencé la morosité, rappelons que la chanteuse espagnole ne souhaitait pas gagner pour éviter à l’Espagne l’organisation coûteuse de l’événement)… C’était kitsch, c’était l’Eurovision en Azerbaijan.

Une journée au Salon du Bourget.

salon du bourgetCette année, le salon du Bourget fête ses 100 ans. Pas de faste, ni rien du tout, la crise est belle et bien visible dans les allées du salon. Les stands, à de rares exceptions (Dassault, Safran…), sont petits. On offre rarement des petits cadeaux (peu de stylos, de posters, de gadgets à récupérer), juste un beau Suédois de Volvo nous a offert des bonbons. Bref, pas grand chose à noter sur les stands. Juste le bâtiment d’Israel est toujours aussi impressionant: des simulateurs de missiles avec de véritables missiles sol-air posés à côté. De même les vigiles à l’entrée sont toujours avenants, nous avons été salués par un « Badge, s’il vous plait ». C’est qu’il faut montrer patte blanche pour visiter ce temple de la guerre en temps réel. Oui, ici, la surveillance, les armes ont des applications directes. Mais le salon du Bourget, c’est surtout un show aérien de 2 heures commenté et en musique. Au menu, Eurocopter Tiger, Le Rafale, l’Eurofighter Typhoon, l’Airbus A380, l’Hercules de Lockheed Martin, le Breitling Lockheed Constellation…
Airbus A 380
Airbus A 380
Airbus A 380Airbus A 380
Airbus A 380Airbus A 380
Le plus impressionnant reste l’Airbus A380, géant des airs silencieux. Il est magnifique et semble se piloter avec une aisance assez exceptionnel pour un si gros gabarit dans un si petit espace. D’ailleurs, c’est simple, c’est un des seuls avions qui fixe l’attention de tous les spectateurs. Aussi impressionnant pour l’âge de l’engin, le Constellation qui carbure comme un dingue (je vous dis pas le facture de kérosène, ça serait indécent…) est magnifique. On a l’impression de vivre un moment exceptionnel, quelque part dans les années 50.Breitling Lockheed Constellation À l’époque, nous a expliqué le commentateur, Air France en exploitait quelques uns, ils faisaient la traversée de l’Atlantique. Ils n’accueillaient que 24 passagers, et une fois l’avion atterri, les passagers pouvaient continuer à dormir. Et quand ils finissaient leur grasse matinée, ils rejoignaient une sorte d’hôtel en bout de piste pour y prendre une douche et rejoindre la ville tout frais en limousine affrétée par la compagnie. Autre temps, autres moeurs! Lockheed HerculesL’Hercules est aussi un monument de l’aviation, car il est la ligne d’avion la plus vieille encore en exploitation. Depuis 1955, Lockheed Martin fabrique cet avion de guerre… Une longévité exceptionnelle qui s’explique par l’aérodynamique assez parfaite de l’engin. C’est donc des avions pleins les yeux (et un beau coup de soleil, ça sert à quoi les nuages?!) que nous sommes partis de là.

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