Poltergay.

Ce film français qui pourrait s’apparenter à un simple nanard est bien trompeur. Un couple achète une maison et voilà t’y pas que l’homme se met à voir les fantômes d’une bande d’homos tout droits sortis de la Cage aux Folles. Ces fantômes sont morts lors dans les années 70 alors que cette maison était une discothèque gay, lors d’une soirée mousse. Alors le comique de la situation, c’est qu’il est le seul à les voir, sa femme, elle, ne les voient pas!

Au fur et à mesure, l’homme joué par Clovis Cornillac va au fur et à mesure se remettre en question… chose assez peu courante dans les films grands publics. Ils va se demander s’il n’est pas homo lui-même, s’il est le seul à les voir, c’est sans doute des hallucinations d’un désir refoulé… J’ai beaucoup apprécié ça. Sinon, on se marre beaucoup avec les seconds rôles aussi. Celui qui m’a le plus fait rire c’est l’exorciste (si on peut l’appeler ainsi) qui n’a que pour seule alimentation des BigMac et autres junk food de la célèbre multinationale. Donc, un film qui n’en a pas l’air comme ça, mais qui surprend!

Last Kiss.

Je suis allé voir ce film uniquement parce qu’il y avait Zach Braff dans le casting. Comme quoi, je suis très influençable du fait qu’il y ait un bon acteur dans un film (en même temps, c’est un peu normal!). C’est l’histoire d’un jeune couple qui va avoir un enfant, sans prévenir Zach, la femme dit à ses parents qu’ils vont se marrier entre temps… Au mariage d’un pote, Zach rencontre une ravissante jeune brune qui le drague franchement. Il n’en faut pas plus à l’acteur de Garden State pour perdre la tête!! Et puis, il y a la bande de pote et leurs démêlés sentimentaux.

Une histoire d’amour assez bien filmée. Le casting est remarquable, la musique est assez rock. Et le scénario est assez bien tourné, même si l’histoire peut paraître un poil convenue. Donc, c’est un film assez bien avec Zach Braf qui interprète très bien ce trentenaire en perte de repère.

The Queen, de Stephen Frears.

Voilà un film britannique fort intéressant. La reine ne souhaite pas exprimer ses sentiments au lendemain de la mort de Lady Diana. Pendant une semaine, elle restera enfermé dans son domaine sans dire mot alors que le peuple ne comprend pas ce mutisme. En effet, le pays est sous le choc. Mais Elizabeth II ne mesure pas la douleur. Et Tony Blair qui vient juste d’être élu va tenter de la sortir de son silence.

Un film intéressant, disais-je, dans lequel le réalisateur a mélangé des archives télés et des images de film. Les acteurs sont tous assez extraordinaires. La reine est jouée par Helen Mirren, un rôle dans lequel elle est merveilleuse. C’est aussi l’occasion de retrouver le copain de Ruth dans Six Feet Under, James Cromwell qui interprète le très réac’ Prince Philip. Il est lui aussi très très bien dans ce rôle. Tony Blair est interprété par Michael Sheen. Outre les traits de ressemblance, ils jouent tous très bien. Sinon, côté image, c’est bien filmé, bien monté. J’ai été assez ému de revoir toutes les images de la foule massée devant les grilles de Bickingham Palace… et puis aussi de voir Lady Di, la « princesse du peuple » comme l’a appelé Tony Blair dans son discours. C’est aussi un film où l’on rit pas mal…

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Bref, j’ai été emballé par ce film qui montre aussi le décalage entre la monarchie et le peuple, qui fut criant pendant cette longue semaine. Mais aussi, à quel point les Anglais sont attachés à cette institution. D’ailleurs, en ce moment, c’est exactement ce qu’on voit en cours de Civilisation britannique…!

Le diable s'habille en Prada.

Meryl Streep est merveilleuse. Ce film le prouve une fois de plus. Elle campe une directrice du journal de mode de référence. Elle est autoritaire et exubérante. Et surtout ultra cynique… Et voilà une petite jeune, qui n’a presque rien demandé pour y arriver, se retrouve propulsé dans le saint des saints, le bureau de Miranda. Elle va prendre goût progressivement à ce monde de luxe.

Ce film est une pure sucrerie. Un film plein de couleur et très très agréable à regarder. On rit souvent. La réalisation est très rythmée. Les acteurs sont tous très bien, on y croirait presque. La partie tournée à Paris est bien, on le droit à un tour de « Paris ByNight » en pleine période de Noël (les Champs Elysées illuminés…). Sinon, côté musique, pas une fausse note. La playlist est composée de U2, Moby, Kt Tundstall… et c’est très bien choisi. En tout cas, on passe un très bon moment devant l’écran… Je recommande ce film à ceux qui ont envie de se changer les idées et de voir Meryl Streep sur la brèche.

Smoking darkly.

« Thank you for smoking » est un film corrosif sur les lobbys, en particulier le lobby du tabac américain. Parce qu’aus États-Unis, tout est amendable, alors les lobbys s’en donnent à coeur joie pour modifier les lois par tous les moyens disponibles, en particulier l’argent! Alors Nick Naylor est le porte parole de Big Tobacco et n’a qu’un talent: parler: « Michael Jordan plays basketball, Charles Manson kills people and me I speak. » Nick Naylor a un fils, qui fait office de sujet naïf, et il va lui expliquer en quoi consiste son métier. Ce n’est pas convaincre une personne, mais convaincre l’auditoire. Alors, l’industrie du tabac a un soucis: la consommation est en chute libre chez les jeunes. L’idée de génie: réintroduire la cigarette sur grand écran. Et puis, un sénateur tente d’imposer un logo sur les paquets de cigarettes: une tête de mort. Imaginez que Big Tobacco voie cette idée d’un mauvais oeil…

Dans ce film au sujet grave (il est maint fois rappelé que le tabac tue 1200 personnes par jour), le scénario est assez similaire à l’excellent Lord Of War. La caméra épouse le point de vue du personnage principal, et que celui-ci est plutôt la crème des anti-héros. Mais le ton est plus humoristique, en même temps, le rôle d’un lobbyiste est de dédramatiser. C’est ce qu’il fait. Mais c’est un humour noir. C’est donc un film qui tranche dans le vif. Et c’est très plaisant à regarder.

« A scanner darkly » est un film dont je vous avez parlé depuis un petit moment, parce que la bande annonce circulait il y a déjà un an sur le net et que le procédé de tournage était plutôt hors du commun. Keanu Reeves joue un agent infiltré dans une maison de junkies. Il est tellement infiltré qu’il succombe vite fait bien fait à la « substance D » en anglais (substance M en français), une drogue sur puissante qui provoque la déconnection des deux hémisphères du cerveau, entraînant des troubles assez graves (hallucinations…). Cet homme fait aussi parti de la police qui traque les dealers de cette drogue par tous les moyens, notamment les plus intrusifs, normal on est dans le futur.

Le film est réalisé à l’aide d’une technologie assez spéciale, la rotoscopie. Ce qui rend l’image du film semblable à une bande dessinée. C’est assez ludique et le tout est plein de couleurs vives. C’est d’autant plus intéressant, cette technologie, qu’elle illustre à merveille le « brouilleur d’image » utilisé par les enquêteurs de police. Ce « brouilleur d’image » est une combinaison composée d’1,5 million de photo de personnes… ce qui cache complétement l’identité de l’enquêteur. Le seul problème de la rotoscopie, c’est qu’au boût d’une heure et demi, on est plutôt content que le film ne duire pas 30 minutes de plus… Mais ce film est une réussite sur le plan esthétique tant que sur le plein du scénario, adapté d’un livre de Philipp K. Dick (à qui l’on doit Minority Report, entre autre, point de vue de l’histoire). Et ce livre s’inspire de ce qu’a pu observé Dick dans un hôpital psychiatrique…

Fabuleux, bis.

Premier film complètement réjouissant, Little Miss Sunshine. Le road movie d’une famille en crise part sur les chapeaux de roues: la petite fille agée de 7 ans doit participer à un concours de beauté à Los Angeles. Départ du mini-bus d’Albuquerque avec a son bord le frère de la mère sortant d’une TS, le père, théorissien des 9 points pour réussir, la mère, incarnée par l’excellente Toni Colette, le fils qui a décidé de faire voeu de silence jusqu’à l’obtention de son diplôme de conducteur d’avion, et le grand père, entraîneur d’Olive et passablement héroïnomane. La famille est en crise. Et tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment, durant lequel le film évoque avec plaisir tous les travers de la famille américaine de la middle class.

Tout va de mal en pis, avec des rebondissements très nombreux qui permettent au film de se maintenir à bon rythme. J’ai d’autant plus aimé que le voyage se passe entre Albuquerque et Los Angeles, exactement la route que j’ai pris le mois dernier avec Andrea. J’ai passé un très agréable moment dans cette famille dans laquelle pas grand monde aimerai en faire partie… mais ça c’est un peu le cas de toutes les familles, non?

Second film assez barré, de Michel Gondry: The Science Of Sleep. Stéphane, qui vit dans ses rêves, à partir desquels il fait une émission de télé, rentre en France, suite au décès de son père. Il tombe amoureux de Stéphanie, sa voisine de palier. Elle aussi vit dans un monde fantaisiste à souhait. Mais elle se détache de Stéphane à mesure que celui-ci lui montre son univers. Stéphane est interprété par le très bon et beau Gael Garcia Bernal. Stéphanie est campée par Charlotte Gainsbourg. Alain Chabat jour un collègue de bureau très obsédé.

Ce film est extrêmement poétique et esthétiquement amusant à regarder. Beaucoup d’effets spéciaux sont réalisés via des techniques d’animations traditionnelles (l’eau en cellophane…). On y parle en français, en espagnol et en anglais. C’est un film très ludique et très bon, dans le genre « fait à la maison ». Bref on retrouve dans ce film ce qui fait la force de Michel Gondry, c’est à dire son univers fait de trouvailles.

Le vent se lève, de Ken Loach.

Je suis rentré dans la salle 6 minutes après le début du film puisque j’ai mis un petit bout de temps à faire mon choix. C’est pas que beaucoup de films retenaient mon attention, mais comme je n’avais pas été là le mois dernier, je ne savais pas trop à quoi correspondait les titres. Est-ce une comédie? Est-ce un mélo? Je me suis décidé pour « Quand le vent se lève », d’abord parce que c’est un film de Ken Loach et que j’aime regarder ses films.

Un film historique sur l’indépendance de l’Irlande, au début du siècle dernier. En fait, l’action se passe juste avant que l’Irlande sombre dans le gouffre de la guerre civile. Donc, on y voit des très violents et barbares soldats anglais pourchassant et torturant (séance d’arrachage d’ongles face à l’écran, assez insoutenable) des irlandais luttant pour leur indépendance. Un film triste, puisqu’on connaît la fin de l’Histoire… qui d’ailleurs est toujours en cours. Ken Loach tisse par dessus une tragédie familiale.

On pleure beaucoup, faut dire qu’à chaque fois les personnages se retrouvent tirés par le fond. Moi j’ai bien aimé ce côté mélo. Le côté politique aussi. Le jeu de Cillian Murphy est époustouflant. On l’avait vu en méchant dans Batman Begins, entre autres. Je me suis complètement identifié à son personnage de médecins qui vire indépendantiste le jour où il découvre la cruauté dont les militaires britanniques font preuve. Pour ce qui est des images et des décors, c’est vraiment du beau travail…. l’Irlande est vraiment un beau pays tout en collines. Vraiment un beau film, apportez tout de même le paquet de mouchoir.

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